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Coopérer pour transformer Pourquoi les meilleurs projets se construisent à plusieurs

  • 17 août
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 août

Par AC Novation Citoyenne

Collection éditoriale — Les Valeurs en Action

Les idées peuvent naître seules. Mais les projets qui transforment réellement les choses se construisent rarement seuls.

Nous aimons raconter l’innovation à travers des idées, des inventions ou des personnalités visionnaires.

Pourtant, derrière la plupart des projets qui produisent un impact réel se trouve une réalité beaucoup plus collective : des personnes, des compétences et des expériences différentes qui ont appris à travailler ensemble.

Un projet d’innovation sociale, pédagogique ou territoriale confronte rapidement ses concepteurs à des questions multiples.

Comment comprendre les besoins des utilisateurs ?Comment transformer une idée en solution concrète ?Comment l’expérimenter ?Comment mesurer son impact ?Comment l’adapter aux réalités du terrain ?Comment, enfin, créer les conditions de son déploiement ?

Aucun acteur ne possède, à lui seul, toutes les réponses.

Chez AC Novation Citoyenne, nous considérons donc la coopération non comme une étape supplémentaire du projet, mais comme une composante essentielle de l’innovation.

Parce que coopérer, ce n’est pas simplement travailler à plusieurs.

C’est construire ensemble ce qu’aucun de nous n’aurait pu construire seul.

Les défis complexes appellent des réponses collectives

Éducation, inclusion, citoyenneté, prévention, transition numérique, environnement, accès aux droits…

Les défis auxquels nos sociétés sont confrontées sont rarement simples.

Ils sont à la fois humains, techniques, économiques, pédagogiques, institutionnels et territoriaux.

Prenons un projet destiné à sensibiliser des jeunes à un enjeu de société.

Pour qu’il fonctionne réellement, plusieurs regards peuvent être nécessaires :

  • celui des jeunes auxquels le dispositif est destiné ;

  • celui des professionnels qui les accompagnent ;

  • celui des spécialistes du sujet ;

  • celui des pédagogues ;

  • celui des concepteurs et des créateurs ;

  • celui des institutions et des territoires ;

  • celui des partenaires susceptibles de permettre son expérimentation et son déploiement.

Chacun détient une partie de la compréhension du problème.

La qualité du projet dépend alors de notre capacité à faire dialoguer ces différentes expertises.

Coopérer ne signifie pas simplement additionner des compétences

Réunir plusieurs partenaires autour d’une table ne suffit pas à créer une coopération.

On peut parfaitement travailler à plusieurs tout en restant dans une logique de juxtaposition :

chacun réalise sa mission ;

chacun défend son périmètre ;

chacun apporte son expertise ;

puis les différentes contributions sont assemblées.

La coopération va plus loin.

Elle suppose que les acteurs acceptent de confronter leurs points de vue, de partager leurs connaissances et parfois de faire évoluer leurs propres certitudes.

Le projet devient alors un espace commun de réflexion et de construction.

C’est dans cette interaction que se crée une valeur nouvelle.

Un professionnel du terrain peut révéler une contrainte que le concepteur n’avait pas anticipée.

Un utilisateur peut détourner un dispositif et faire apparaître un nouvel usage.

Un partenaire institutionnel peut apporter une compréhension différente des conditions de déploiement.

Un créatif peut transformer un contenu complexe en une expérience beaucoup plus accessible.

L’innovation naît souvent précisément à l’intersection de ces regards.

Faire avec plutôt que faire pour

Cette distinction est fondamentale dans notre conception de l’innovation citoyenne.

Pendant longtemps, de nombreux projets ont été conçus pour des publics.

Pour les jeunes.

Pour les enseignants.

Pour les citoyens.

Pour les territoires.

Pour les professionnels.

Mais concevoir pour quelqu’un ne signifie pas nécessairement comprendre son expérience.

La coopération invite à changer de logique :

ne plus seulement concevoir pour, mais concevoir avec.

Associer les personnes concernées dès les premières réflexions permet de mieux identifier les besoins, les contraintes et les usages.

Les bénéficiaires cessent alors d’être uniquement les destinataires du projet.

Ils peuvent devenir des contributeurs à sa conception et à son amélioration.

Cette approche change profondément la relation entre innovation et terrain.

La diversité des regards améliore les solutions

Coopérer signifie également accepter la diversité.

Diversité des métiers.

Diversité des générations.

Diversité des expériences.

Diversité des cultures professionnelles.

Diversité des points de vue.

Cette diversité peut parfois rendre les échanges plus complexes.

Mais elle constitue également une formidable richesse.

Lorsque toutes les personnes autour d’une table pensent de la même manière, les décisions sont souvent plus rapides.

Lorsqu’elles regardent le problème sous des angles différents, la discussion demande davantage de temps.

Mais les solutions qui émergent peuvent être beaucoup plus pertinentes.

Le désaccord constructif peut être une ressource pour l’innovation.

À condition évidemment qu’il existe un objectif commun et une capacité à écouter réellement les autres.

La confiance, première infrastructure de la coopération

Nous parlons beaucoup d’outils collaboratifs, de plateformes numériques et de méthodes de gestion de projet.

Ils sont utiles.

Mais aucune technologie ne crée, à elle seule, une véritable coopération.

La première infrastructure d’un projet collectif reste la confiance.

Confiance pour partager une idée encore imparfaite.

Confiance pour reconnaître que l’on ne sait pas.

Confiance pour exprimer un désaccord.

Confiance pour tester une hypothèse qui peut échouer.

Confiance enfin pour partager les enseignements obtenus.

Sans cette confiance, chacun protège son expertise.

Avec elle, les connaissances circulent.

Et lorsqu’elles circulent, elles peuvent se transformer en intelligence collective.

Coopérer, c’est aussi accepter de ne pas tout maîtriser

La coopération demande une forme d’humilité.

Entrer dans une démarche collective signifie accepter que notre première idée ne soit peut-être pas la meilleure.

Qu’un partenaire puisse identifier quelque chose que nous n’avions pas vu.

Que le terrain puisse remettre en question nos hypothèses.

Ou qu’une solution différente de celle que nous avions imaginée se révèle finalement plus pertinente.

Cette capacité à faire évoluer un projet est essentielle.

Car l’objectif de la coopération n’est pas de démontrer que nous avions raison au départ.

L’objectif est de construire la meilleure réponse possible au besoin identifié.

Du partenariat à l’écosystème

Lorsqu’une coopération s’inscrit dans la durée, elle peut progressivement dépasser le cadre d’un projet.

Des relations se créent.

Des méthodes se partagent.

Des compétences deviennent complémentaires.

De nouvelles idées émergent.

Un projet en entraîne un autre.

Nous ne sommes alors plus seulement dans une logique de partenariat.

Nous commençons à construire un écosystème.

Cette notion est particulièrement importante pour AC Novation Citoyenne.

Nous croyons à la capacité de mettre en relation des acteurs issus d’univers différents : citoyens, associations, entreprises, établissements d’enseignement, experts, créateurs, institutions et territoires.

Non pas pour créer un réseau supplémentaire.

Mais pour permettre à ces acteurs d’imaginer, d’expérimenter et de transmettre ensemble.

Une coopération qui commence dès l’observation

Cette approche s’inscrit directement dans la méthode que nous développons dans notre collection « Les Valeurs en Action ».

Nous avons d’abord rappelé qu’une innovation utile devait répondre à un besoin réel.

Puis qu’il fallait observer avant d’agir.

La coopération constitue naturellement l’étape suivante.

Car observer un terrain implique déjà de rencontrer celles et ceux qui le connaissent.

Comprendre un besoin nécessite de confronter plusieurs perceptions.

Concevoir une solution suppose de mobiliser différentes compétences.

Expérimenter nécessite des partenaires capables d’ouvrir le terrain au projet.

Évaluer demande d’accepter collectivement les résultats, y compris lorsqu’ils nous obligent à revoir certaines hypothèses.

La coopération n’intervient donc pas à la fin du processus.

Elle traverse l’ensemble du cycle de l’innovation.

Coopérer pour transformer

Chez AC Novation Citoyenne, nous faisons de la coopération l’une de nos valeurs fondamentales parce que nous pensons qu’elle conditionne notre capacité à produire un impact durable.

Nous souhaitons favoriser des projets où chacun apporte son expertise, mais où personne ne prétend détenir seul la solution.

Des projets où les professionnels du terrain rencontrent les concepteurs.

Où les citoyens peuvent contribuer.

Où les institutions facilitent l’expérimentation.

Où les créateurs rendent les solutions compréhensibles et engageantes.

Où les enseignements peuvent ensuite être transmis et partagés.

Cette manière de travailler demande parfois davantage de temps au départ.

Mais elle permet souvent de construire des solutions plus pertinentes, plus appropriables et plus durables.

De l’intelligence individuelle à l’intelligence collective

Une idée peut naître dans l’esprit d’une personne.

Elle peut même être excellente.

Mais lorsqu’elle rencontre d’autres expériences, d’autres compétences et d’autres regards, elle commence à évoluer.

Elle est questionnée.

Enrichie.

Testée.

Parfois simplifiée.

Parfois profondément transformée.

C’est précisément cette transformation qui lui permet de passer du statut d’idée à celui de projet collectif.

Et c’est souvent à ce moment-là que l’innovation commence réellement à produire de la valeur.

Conclusion

Les meilleurs projets ne sont pas nécessairement ceux qui réunissent le plus grand nombre de partenaires.

Ce sont ceux qui parviennent à créer une véritable dynamique collective autour d’un besoin et d’une ambition partagés.

Coopérer ne consiste pas à effacer les différences.

Au contraire.

Il s’agit de permettre à ces différences de devenir complémentaires.

Parce qu’un citoyen ne regarde pas un problème comme une institution.

Un enseignant ne le regarde pas comme un développeur.

Un designer ne le regarde pas comme un chercheur.

Un territoire ne le regarde pas comme une entreprise.

Et c’est précisément pour cette raison qu’ils ont tant à apprendre les uns des autres.

Chez AC Novation Citoyenne, nous croyons que les transformations les plus durables naissent lorsque nous acceptons de passer d’une logique :

« Que pouvons-nous faire ? »

à une question beaucoup plus puissante :

« Que pouvons-nous construire ensemble ? »

À retenir

Coopérer, ce n’est pas simplement réunir des compétences. C’est créer les conditions pour que des expériences, des savoirs et des regards différents produisent ensemble une solution qu’aucun acteur n’aurait pu imaginer seul.

Collection éditoriale « Les Valeurs en Action » — Coopérer pour transformerAC Novation Citoyenne — Innover • Créer • Transmettre • Impacter

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