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Former à une situation complexe sans exposer les collaborateurs au risque : l’intérêt de la simulation

17 sept.
8 min de lecture

Solutions & Transformations — Lian Studio


Certaines compétences peuvent s’apprendre en lisant une procédure, en regardant une démonstration ou en suivant un module de formation.

D’autres nécessitent quelque chose de plus difficile à transmettre : l’expérience de la situation.

Que se passe-t-il lorsqu’un incident survient ? Lorsque plusieurs informations doivent être analysées simultanément ? Lorsqu’une décision doit être prise rapidement ? Lorsque l’erreur peut avoir des conséquences humaines, matérielles, financières ou organisationnelles ?

Dans ces contextes, une difficulté apparaît : comment permettre aux collaborateurs de s’entraîner sans les exposer au risque réel ?

La simulation apporte une réponse particulièrement intéressante.

Elle permet de recréer des situations proches du réel, de confronter l’apprenant à des décisions, de rendre visibles leurs conséquences et d’autoriser l’erreur dans un environnement sécurisé.

Mais son intérêt ne réside pas uniquement dans son réalisme.

Une simulation devient véritablement pédagogique lorsqu’elle permet de transformer une situation complexe en expérience d’apprentissage.

Connaître la procédure ne signifie pas savoir agir

Dans de nombreux environnements professionnels, la formation commence par la transmission des règles.

Procédures de sécurité.Protocoles d’intervention.Consignes opérationnelles.Référentiels.Bonnes pratiques.Plans de prévention.

Ces connaissances sont indispensables.

Mais lorsqu’une situation réelle survient, le collaborateur ne rencontre généralement pas une question suivie de quatre réponses possibles.

Il rencontre un contexte.

Il doit observer, identifier les informations pertinentes, interpréter ce qui se passe, anticiper une évolution, choisir une action et parfois coordonner sa décision avec d’autres personnes.

La compétence ne consiste alors plus seulement à savoir.

Elle consiste à mobiliser ce que l’on sait pour agir dans une situation donnée.

C’est précisément là que la simulation change la nature de l’apprentissage.

Pourquoi certaines situations sont-elles difficiles à former ?

Une situation professionnelle devient complexe lorsqu’elle combine plusieurs dimensions.

L’information peut être incomplète.

Plusieurs événements peuvent se produire simultanément.

Une décision peut avoir plusieurs conséquences.

Le collaborateur peut être soumis à une contrainte de temps.

Les actions des autres peuvent modifier la situation.

Et il n’existe pas toujours une réponse évidente applicable mécaniquement.

Prenons quelques exemples.

Un manager doit réagir à une situation conflictuelle.

Un opérateur identifie une anomalie sur un équipement.

Un professionnel doit détecter un risque avant qu’un incident ne survienne.

Une équipe doit coordonner ses actions face à un événement inhabituel.

Un collaborateur doit prendre une décision alors que plusieurs règles ou contraintes doivent être prises en compte.

Dans chacun de ces cas, expliquer la bonne conduite est utile.

Mais avoir entendu la réponse ne garantit pas que l’on saura la construire lorsque la situation se présentera.

La simulation : créer un espace entre la théorie et le réel

La simulation permet d'introduire un espace intermédiaire.

D'un côté, il y a la formation théorique.

De l'autre, la situation professionnelle réelle.

Entre les deux, nous pouvons créer une situation suffisamment réaliste pour mobiliser les compétences, mais suffisamment sécurisée pour permettre l’apprentissage.

L’apprenant peut alors :

OBSERVER → ANALYSER → DÉCIDER → AGIR → VOIR LES CONSÉQUENCES → COMPRENDRE → RECOMMENCER

Ce changement est essentiel.

L’apprenant n’est plus uniquement destinataire d’un contenu.

Il devient acteur d’une situation.

Apprendre sans subir les conséquences réelles de l’erreur

L’un des principaux intérêts de la simulation réside dans la possibilité de se tromper.

Dans certains environnements professionnels, l’erreur réelle peut être difficilement acceptable.

Elle peut provoquer un accident, endommager un équipement, interrompre une activité, créer un risque pour un client ou un collaborateur, ou simplement générer un coût important.

En formation, cette même erreur peut devenir une ressource pédagogique.

L'apprenant prend une décision.

La simulation en montre les conséquences.

Il peut comprendre ce qu’il n’avait pas observé ou anticipé.

Puis essayer autrement.

ERREUR → FEEDBACK → COMPRÉHENSION → NOUVEL ESSAI

La simulation transforme ainsi l’erreur en possibilité d’apprentissage, dans les limites prévues par le scénario pédagogique.

L'objectif n'est pas de mettre artificiellement l'apprenant en échec.

Il est de lui permettre de construire progressivement des stratégies plus pertinentes face à une situation.

Rendre visibles les conséquences d’une décision

Certaines décisions professionnelles produisent des conséquences qui ne sont pas immédiatement perceptibles.

Une mauvaise décision peut déclencher une chaîne d’événements.

Un détail ignoré peut devenir déterminant quelques minutes plus tard.

Une action apparemment correcte peut créer un nouveau risque.

Une absence de décision peut elle-même avoir des conséquences.

La simulation permet de rendre ces mécanismes visibles.

Imaginons une situation dans laquelle un collaborateur doit identifier plusieurs signaux avant d'intervenir.

Plutôt que de lui demander :

« Quelle est la bonne procédure ? »

nous pouvons lui présenter un environnement dans lequel plusieurs informations sont disponibles.

Que regarde-t-il ?

Que remarque-t-il ?

Que néglige-t-il ?

Quelle décision prend-il ?

Que se passe-t-il ensuite ?

Le feedback peut alors porter non seulement sur la réponse finale, mais également sur le raisonnement qui a conduit à cette décision.

Simuler ne signifie pas nécessairement reproduire parfaitement le réel

Lorsqu'on évoque la simulation, on imagine facilement un environnement 3D extrêmement réaliste, un casque de réalité virtuelle ou un simulateur technique sophistiqué.

Ces solutions peuvent être pertinentes.

Mais elles ne constituent qu'une partie des possibilités.

Une simulation peut prendre la forme d'un scénario interactif, d'une mise en situation en présentiel, d'un Serious Game, d'une interface reproduisant un environnement professionnel, d'une expérience immersive, d'un jeu de rôles ou encore d'un dispositif hybride associant plusieurs modalités.

La question n'est donc pas :

« Quelle technologie permet de reproduire le réel ? »

Mais plutôt :

« Quels éléments du réel devons-nous recréer pour provoquer l’apprentissage recherché ? »

Parfois, le réalisme visuel sera déterminant.

Dans d'autres situations, ce sera la pression temporelle, la qualité des choix proposés, l'incertitude, les interactions entre plusieurs acteurs ou la succession des conséquences.

La fidélité pédagogique n'est pas nécessairement la fidélité graphique.

Concevoir une simulation commence par les situations de travail

Avant de choisir un format ou une technologie, il faut comprendre ce qui se passe réellement sur le terrain.

Quelles sont les situations critiques ?

Quelles décisions sont difficiles ?

Quelles erreurs sont fréquentes ?

Quels signaux doivent être identifiés ?

Quels arbitrages doivent être réalisés ?

Qu'est-ce qui distingue un professionnel expérimenté d'un débutant face à la même situation ?

Cette analyse permet d'identifier ce qui mérite réellement d'être simulé.

Chez Lian Studio, nous retrouvons ici un principe essentiel du Learning Design :

partir de l’usage et de la situation avant de partir de la solution.

Une simulation pertinente ne cherche donc pas nécessairement à reproduire tout l'environnement professionnel.

Elle sélectionne les éléments nécessaires pour entraîner précisément les compétences recherchées.

Du scénario pédagogique au scénario de décision

Une simulation ne se résume pas à raconter une histoire.

Elle doit organiser des situations dans lesquelles l'apprenant est amené à agir.

Cela implique de concevoir des points de décision.

À chaque étape, nous pouvons nous demander :

Que doit observer l'apprenant ?

Quelle information possède-t-il ?

Que doit-il comprendre ?

Quelles possibilités s'offrent à lui ?

Quelle décision doit-il prendre ?

Quelles conséquences cette décision produit-elle ?

Quel feedback permettra d'en tirer un apprentissage ?

Le scénario devient alors une architecture de situations, de décisions et de conséquences.

SITUATION → INFORMATION → CHOIX → CONSÉQUENCE → FEEDBACK

C'est cette mécanique qui peut transformer une expérience interactive en véritable expérience pédagogique.

Le feedback : là où l’expérience devient apprentissage

Faire vivre une situation ne suffit pas.

Un collaborateur peut terminer une simulation, réussir une mission ou obtenir un score sans nécessairement comprendre ce qu'il doit transférer dans son activité professionnelle.

Le feedback joue donc un rôle central.

Il peut permettre de revenir sur une décision :

Qu'avez-vous observé ?

Quel élément n'avez-vous pas pris en compte ?

Pourquoi cette décision semblait-elle pertinente ?

Quelle autre possibilité existait ?

Quelle conséquence votre choix a-t-il provoquée ?

Que feriez-vous différemment la prochaine fois ?

Le feedback peut être immédiat ou différé, individuel ou collectif, intégré à l'expérience ou accompagné par un formateur.

Dans certains contextes, le débriefing qui suit la simulation peut être aussi important que la simulation elle-même.

Car c'est souvent à ce moment que l'expérience vécue devient explicite, analysable et transférable.

Entraîner aussi la prise de décision

Dans une situation complexe, la performance ne dépend pas toujours d'un geste technique.

Elle dépend souvent d'une succession de microdécisions.

Regarder au bon endroit.

Repérer un signal faible.

Prioriser une information.

Demander de l'aide.

Interrompre une action.

Choisir entre plusieurs options imparfaites.

Communiquer avec un collègue.

La simulation permet précisément de travailler cette dimension.

Elle peut rendre observable la manière dont une personne construit sa décision, et pas uniquement son résultat final.

Cette approche est particulièrement intéressante lorsque l'objectif de formation porte sur des compétences comme l'anticipation, l'analyse, la coopération, la gestion d'une situation inhabituelle ou l'adaptation.

De la simulation individuelle à l’apprentissage collectif

Toutes les situations complexes ne sont pas individuelles.

Certaines nécessitent une coordination entre plusieurs acteurs.

La simulation peut alors devenir un support d'apprentissage collectif.

Plusieurs collaborateurs peuvent vivre la même situation, comparer leurs décisions puis analyser ensemble les différentes stratégies adoptées.

Pourquoi avons-nous interprété cette information différemment ?

À quel moment nos décisions ont-elles divergé ?

Qu'aurions-nous dû partager plus tôt ?

Quelle coordination aurait permis d'éviter le problème ?

La simulation devient alors un objet de discussion sur le travail réel.

Elle ne sert plus seulement à entraîner une personne.

Elle permet aussi de faire émerger des pratiques, des représentations et parfois des connaissances tacites présentes dans l'organisation.

Mesurer autre chose que la complétion

Une simulation offre également des possibilités intéressantes pour l'évaluation.

Plutôt que de mesurer uniquement si une formation a été terminée ou si les connaissances ont été mémorisées, nous pouvons observer certains éléments liés à l'action :

les décisions prises,

les informations identifiées,

les erreurs récurrentes,

les stratégies utilisées,

la progression entre plusieurs essais,

la capacité à appliquer une procédure dans différents contextes.

Ces données doivent naturellement être choisies en fonction de l'objectif pédagogique et interprétées avec prudence.

Mais elles permettent de déplacer une question classique :

« L'apprenant a-t-il terminé la formation ? »

vers une question beaucoup plus intéressante :

« Est-il davantage capable de faire face à la situation pour laquelle nous l'avons formé ? »

Quelle place pour le Serious Game, l’immersion et la réalité virtuelle ?

La simulation peut mobiliser différentes technologies selon le besoin.

Un Serious Game peut être pertinent lorsque l'on souhaite proposer des scénarios, des choix, des conséquences et plusieurs possibilités d'expérimentation.

Une expérience en réalité virtuelle peut apporter une valeur particulière lorsque la perception de l'environnement, les gestes, les distances ou l'immersion dans une situation sont déterminants.

Une simulation sur écran peut être suffisante lorsqu'il s'agit principalement de travailler l'analyse, la prise de décision ou l'utilisation d'une interface.

Et une mise en situation accompagnée par un formateur peut parfois constituer la solution la plus pertinente.

Il ne s'agit donc pas de choisir la technologie la plus spectaculaire.

Il s'agit de choisir le niveau de simulation nécessaire à l'apprentissage recherché.

Former au complexe sans reproduire le risque

La simulation ouvre finalement une possibilité particulièrement intéressante pour les organisations.

Créer de l'expérience avant que l'expérience réelle ne soit nécessaire.

Elle permet de confronter progressivement les collaborateurs à des situations rares, sensibles, complexes ou difficiles à reproduire dans leur environnement de travail.

Elle leur donne la possibilité d'observer, d'essayer, de se tromper, de comprendre et de recommencer.

Et surtout, elle permet de préparer l'action sans attendre que la situation critique se produise réellement.

Mais sa valeur ne vient pas seulement de la technologie utilisée.

Elle vient de la qualité du travail réalisé en amont :

comprendre les situations → identifier les compétences → scénariser les décisions → concevoir les conséquences → organiser le feedback → expérimenter → améliorer.

Solutions & Transformations — Lian Studio

Chez Lian Studio, nous concevons la simulation comme un outil au service d'un objectif plus large : transformer une situation professionnelle en expérience d'apprentissage.

Serious Game, simulation interactive, expérience immersive, réalité virtuelle ou dispositif hybride : le format vient après l'analyse du besoin, des apprenants et des usages.

Car la question n'est pas simplement :

« Comment reproduire cette situation ? »

Elle est plutôt :

« Comment permettre à quelqu'un de s'y préparer, d'y expérimenter des décisions et d'apprendre avant d'avoir à y faire face dans le réel ? »

SOLUTIONS & TRANSFORMATIONS

Former à une situation complexe sans exposer les collaborateurs au risque : l’intérêt de la simulation.

Expérimenter sans danger. Comprendre les conséquences. Apprendre pour mieux agir dans le réel.

 
 
 

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