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Pourquoi les projets d’intérêt général se construisent à plusieurs ?

30 sept.
6 min de lecture


INNOVER POUR L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

Aucun acteur ne détient seul la réponse : coopérer pour transformer un enjeu de société en solution utile.

Collection : INNOVER POUR L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

Des enjeux de société aux solutions expérimentées sur le terrain.

CAS — SAFE ROADS, de l’idée au terrain

Les grands enjeux de société ont rarement une réponse simple.

Prévention, éducation, mobilités, inclusion, transition écologique, numérique : ces sujets se situent à la rencontre de réalités multiples. Ils concernent les citoyens, mais aussi les acteurs publics, les territoires, les professionnels, les associations, les entreprises, les établissements d'enseignement et les chercheurs.

Face à cette complexité, une conviction guide notre démarche chez AC Novation Citoyenne :

Aucun acteur ne détient seul la connaissance du problème, l’ensemble des expertises nécessaires et la capacité d’agir sur toutes ses dimensions.

Innover pour l’intérêt général implique donc de dépasser la logique de la solution imaginée par un acteur unique.

Il faut croiser les regards, associer les compétences et confronter les idées à la réalité du terrain.

L’histoire de SAFEROADS illustre précisément cette démarche.

Un enjeu de société appartient rarement à un seul domaine

Prenons la prévention routière auprès des jeunes.

À première vue, la problématique pourrait sembler relativement circonscrite : sensibiliser aux risques et transmettre les bons comportements.

Mais dès que l’on observe les usages réels, le sujet devient beaucoup plus transversal.

Il est question de mobilités, parce que les jeunes se déplacent à pied, à vélo, en transports collectifs, en deux-roues, en trottinette ou commencent à conduire.

Il est question d’éducation, parce qu’il faut transmettre des connaissances et favoriser leur compréhension.

Il est question de comportements, parce que connaître une règle ne signifie pas nécessairement l'appliquer.

Il est question de numérique et de design, lorsqu’on cherche de nouvelles manières de sensibiliser et de faire expérimenter des situations.

Il est enfin question de territoire, parce que les pratiques, les infrastructures et les situations rencontrées diffèrent selon les environnements.

La première conséquence est essentielle :

nous ne pouvons pas regarder un problème multidimensionnel avec une seule expertise.

Coopérer ne signifie pas simplement additionner des compétences

Réunir plusieurs partenaires autour d’un projet ne suffit pas nécessairement à créer une véritable coopération.

On peut répartir les tâches, organiser des réunions, solliciter différentes expertises… tout en continuant à travailler en parallèle.

La coopération commence véritablement lorsque le regard de l’autre peut modifier ce que nous avions imaginé.

Un enseignant peut révéler une contrainte pédagogique que le concepteur n’avait pas anticipée.

Un jeune peut interpréter différemment une situation qui semblait évidente à l’équipe projet.

Un acteur territorial peut apporter une connaissance fine des réalités locales.

Un designer peut transformer une information complexe en expérience compréhensible.

Un développeur peut identifier une nouvelle manière de traduire une intention pédagogique en interaction.

Un partenaire institutionnel peut replacer le projet dans des enjeux plus larges de politique publique.

Chacun apporte une partie de la compréhension.

Mais surtout, chaque expertise transforme progressivement le projet.

SAFEROADS : construire une réponse à la croisée des expertises

SAFEROADS n’est donc pas uniquement le résultat d’une idée ou d’une technologie.

Le projet se situe à l’intersection de plusieurs dimensions :

PRÉVENTION ROUTIÈRE → PÉDAGOGIE → GAME DESIGN → CRÉATION NUMÉRIQUE → USAGES → EXPÉRIMENTATION → ÉVALUATION

AC Novation Citoyenne porte la réflexion autour de l’innovation d’intérêt général et de l’expérimentation.

Lian Studio traduit cette ambition en expérience numérique et développe le serious game.

Les acteurs de la prévention apportent leur connaissance des enjeux de sécurité routière.

Les établissements et équipes pédagogiques permettent de confronter le dispositif aux réalités de l'enseignement.

Et les jeunes constituent évidemment des acteurs essentiels de cette démarche : leurs usages, leurs réactions, leurs choix et leurs retours permettent de comprendre ce que produit réellement l'expérience.

SAFEROADS devient ainsi moins le produit d’une expertise isolée que le point de rencontre de plusieurs regards autour d’un même enjeu.

Les partenaires ne sont pas seulement là pour accompagner le projet

Dans les projets d’intérêt général, le mot « partenaire » peut parfois laisser penser à un acteur qui intervient autour d’un projet déjà défini.

Nous préférons une conception plus exigeante du partenariat.

Un partenaire peut contribuer à faire évoluer le projet lui-même.

Par sa connaissance du terrain.

Par son expertise.

Par ses contraintes.

Par ses interrogations.

Par les publics auxquels il donne accès.

Parfois même par ses désaccords.

Car la coopération n’a pas pour objectif que tout le monde pense la même chose.

Elle permet au contraire de mettre en discussion différentes représentations d’un même problème.

Et cette confrontation peut éviter une erreur fréquente en innovation : apporter une réponse très bien conçue… à un problème insuffisamment compris.

Le terrain est lui aussi un partenaire

La coopération ne s’arrête pas aux organisations qui participent officiellement au projet.

Lorsque commence l’expérimentation, un nouvel acteur entre véritablement dans la conception :

le terrain.

Avec SAFEROADS, les expérimentations en établissement permettent d'observer la rencontre entre ce qui a été imaginé et ce qui est réellement vécu.

Comment les élèves comprennent-ils les situations ?

À quels moments hésitent-ils ?

Quels choix provoquent une réflexion ?

Quelles situations déclenchent une discussion ?

Comment les enseignants s’approprient-ils le dispositif ?

Quelles adaptations leur sembleraient utiles ?

Ce qui se passe alors est fondamental.

Le projet cesse progressivement d’être uniquement celui de ses concepteurs.

Les utilisateurs commencent eux aussi à le transformer.

Coopérer suppose d’accepter de ne pas tout savoir

Cette démarche nécessite une posture particulière.

Lorsque nous travaillons longtemps sur un projet, nous développons naturellement des convictions.

Nous pensons connaître le problème.

Nous imaginons certaines réponses.

Nous faisons des choix.

Mais coopérer implique d’accepter qu’une autre expertise, un partenaire ou un utilisateur puisse remettre en question une partie de ces choix.

Cette capacité à écouter n’est pas une faiblesse dans un processus d’innovation.

Elle en constitue au contraire l’une des conditions.

Parce qu’un projet d’intérêt général ne doit pas chercher uniquement à démontrer la pertinence de l’idée initiale.

Il doit progressivement construire la réponse la plus pertinente possible au regard des réalités rencontrées.

De la coordination à l’intelligence collective

Lorsque cette coopération fonctionne, quelque chose de plus intéressant apparaît : l’intelligence collective.

Les connaissances ne sont plus simplement juxtaposées.

Elles commencent à interagir.

Une observation pédagogique influence le game design.

Un retour utilisateur entraîne une évolution de l’interface.

Une contrainte du terrain modifie un scénario.

Une donnée recueillie pendant l’expérimentation conduit à reformuler une hypothèse.

Le projet progresse alors par boucles successives :

ÉCOUTER → PARTAGER → CONFRONTER → CONCEVOIR → EXPÉRIMENTER → APPRENDRE → AMÉLIORER

La coopération devient ainsi une méthode d’innovation.

Construire ensemble pour rendre les solutions plus durables

Cette approche peut sembler plus longue qu’une conception menée par une seule organisation.

Elle nécessite des échanges.

Des arbitrages.

Des ajustements.

Parfois des remises en question.

Mais elle peut également produire quelque chose d'essentiel : une solution davantage ancrée dans son environnement.

Parce que les acteurs concernés ont participé à sa construction.

Parce que les contraintes ont été identifiées plus tôt.

Parce que les usages ont été observés.

Parce que les expertises ont été croisées.

Et parce que le dispositif peut évoluer au contact de ceux qui devront réellement l'utiliser.

Pour un projet d’intérêt général, cette capacité d’appropriation est déterminante.

L’objectif n’est pas simplement de créer une innovation.

Il est de créer les conditions pour qu’elle puisse devenir utile.

SAFEROADS, de l’idée au terrain : une innovation qui se construit avec les autres

SAFE

ROADS permet aujourd’hui de rendre très concrète cette conviction portée par AC Novation Citoyenne.

Nous sommes partis d’un enjeu :

comment renouveler la prévention routière auprès des jeunes ?

Puis cette question en a fait émerger beaucoup d’autres.

Comment apprendre autrement ?

Comment utiliser le serious game sans réduire la pédagogie au jeu ?

Comment accompagner les enseignants ?

Comment représenter des situations de mobilité crédibles ?

Comment observer les usages ?

Comment évaluer ce que produit l’expérience ?

Comment améliorer ensuite le dispositif ?

Aucun acteur ne pouvait répondre seul à toutes ces questions.

Et c’est précisément ce qui donne du sens à la démarche.

Les projets d’intérêt général ne se construisent pas à plusieurs parce que la coopération est une valeur séduisante. Ils se construisent à plusieurs parce que la complexité des enjeux l’exige.

Innover pour l’intérêt général, c’est créer des espaces de coopération

Chez AC Novation Citoyenne, nous voulons donc considérer la coopération non comme une étape périphérique, mais comme une composante du processus d’innovation.

Mettre autour de la table des expertises différentes.

Faire dialoguer conception et usages.

Associer institutions et terrain.

Donner une place aux professionnels et aux bénéficiaires.

Expérimenter.

Partager les enseignements.

Puis faire évoluer les solutions.

Car face aux transformations de notre société, la question n’est probablement plus seulement :

« Quelle solution pouvons-nous imaginer ? »

Mais aussi :

« Avec qui devons-nous la construire pour qu’elle réponde réellement aux besoins ? »

C’est tout l’enjeu de cette nouvelle étape de SAFEROADS, de l’idée au terrain.

AC Novation Citoyenne Innover • Créer • Transmettre • Impacter

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