Transmettre pour préparer demainFormer aux métiers qui évoluent sans cesse
- il y a 6 jours
- 7 min de lecture

Par AC Novation Citoyenne
Collection éditoriale — Les Valeurs en Action
Former aujourd’hui ne consiste plus seulement à préparer à un métier. Il faut aussi apprendre à évoluer avec lui.
Intelligence artificielle, automatisation, création numérique, nouveaux modes de collaboration, transition écologique, évolution des usages…
Le monde professionnel se transforme rapidement.
Certains métiers apparaissent. D’autres se recomposent. Des compétences autrefois très spécialisées deviennent essentielles, tandis que de nouveaux outils modifient profondément les pratiques professionnelles.
Dans ce contexte, une question devient centrale :
Comment préparer les personnes à exercer des métiers dont les contours continueront d’évoluer tout au long de leur parcours professionnel ?
Chez AC Novation Citoyenne, nous sommes convaincus que la réponse ne consiste pas uniquement à transmettre davantage de connaissances.
Elle consiste aussi à développer la capacité d’apprendre, de comprendre les transformations et de s’adapter sans perdre son esprit critique.
Former aux métiers de demain, c’est finalement apprendre à évoluer avec le changement.
Le métier n’est plus un point d’arrivée
Pendant longtemps, la formation professionnelle pouvait suivre une logique relativement linéaire.
On apprenait un métier.
On maîtrisait ses outils.
On acquérait de l’expérience.
Puis cette expertise accompagnait une grande partie de la carrière professionnelle.
Cette réalité n’a pas complètement disparu, mais elle se transforme.
Les métiers évoluent désormais au rythme des technologies, des organisations, des attentes des citoyens et des nouveaux usages.
Un professionnel peut voir ses outils, ses méthodes et parfois même une partie de ses missions profondément évoluer en quelques années.
Cela signifie que nous devons progressivement passer d’une logique :
« apprendre un métier »
à une logique :
« apprendre un métier et apprendre à le faire évoluer ».
Former à des compétences, pas seulement à des outils
Les outils numériques illustrent parfaitement cette évolution.
Un logiciel appris aujourd’hui pourra être remplacé demain.
Une technologie considérée comme incontournable peut évoluer très rapidement.
Une fonctionnalité autrefois complexe peut être automatisée.
Former uniquement à la maîtrise d’un outil expose donc à une obsolescence rapide des compétences.
Cela ne signifie évidemment pas que les compétences techniques deviennent secondaires.
Elles restent indispensables.
Mais elles doivent s’accompagner de compétences plus transversales :
comprendre un problème ;
analyser une situation ;
rechercher et vérifier une information ;
collaborer avec d’autres métiers ;
communiquer ;
expérimenter ;
apprendre de ses erreurs ;
mobiliser sa créativité ;
développer son esprit critique ;
apprendre de manière autonome.
Ces capacités permettent de continuer à progresser lorsque les outils changent.
La compétence la plus durable pourrait finalement être la capacité à en acquérir de nouvelles.
L’intelligence artificielle change la nature de certaines compétences
L’essor de l’intelligence artificielle rend cette réflexion particulièrement actuelle.
Certaines tâches peuvent désormais être accélérées, assistées ou partiellement automatisées.
La première réaction pourrait être de chercher uniquement à former les professionnels à l’utilisation de ces nouveaux outils.
C’est nécessaire, mais insuffisant.
Il faut également apprendre à comprendre leurs possibilités et leurs limites.
Savoir formuler une demande.
Interpréter un résultat.
Vérifier une information.
Identifier un biais ou une erreur.
Décider quand utiliser l’outil… et quand ne pas l’utiliser.
La valeur professionnelle ne résidera donc pas uniquement dans la capacité à utiliser l’intelligence artificielle.
Elle résidera également dans la capacité à exercer un jugement sur ce qu’elle produit.
Plus les technologies deviennent puissantes, plus les compétences humaines de discernement prennent de l’importance.
Apprendre en faisant
Face à des métiers en transformation permanente, les pédagogies uniquement descendantes montrent leurs limites.
Comprendre une méthode est utile.
La confronter à une situation réelle permet de se l’approprier.
C’est pourquoi nous croyons particulièrement aux pédagogies fondées sur l’expérience.
Un projet.
Une étude de cas.
Une simulation.
Un serious game.
Un prototype.
Une expérimentation.
Ces situations obligent l’apprenant à mobiliser plusieurs compétences simultanément.
Il doit comprendre le problème, prendre des décisions, collaborer, essayer, parfois échouer, puis recommencer.
Il ne mémorise plus seulement une réponse : il apprend à construire une réponse.
Cette différence est essentielle pour préparer à des environnements professionnels où toutes les situations ne pourront jamais être anticipées pendant la formation.
Apprendre à apprendre
Pendant longtemps, cette expression pouvait sembler abstraite.
Elle devient aujourd’hui une compétence professionnelle majeure.
Apprendre à apprendre signifie être capable de reconnaître qu’une compétence nous manque, identifier les ressources permettant de l’acquérir, expérimenter puis intégrer progressivement ce nouvel apprentissage à sa pratique.
Cela suppose également d’accepter une réalité :
nous n’aurons jamais fini d’apprendre.
La formation ne peut donc plus être considérée uniquement comme une période située avant l’entrée dans la vie professionnelle.
Elle accompagne désormais l’ensemble du parcours.
Formation initiale.
Formation continue.
Autoformation.
Apprentissage entre pairs.
Retours d’expérience.
Communautés professionnelles.
Les frontières deviennent plus perméables.
La transmission devient permanente.
Les compétences humaines prennent une nouvelle valeur
Il serait paradoxal de penser que l’accélération technologique réduit l’importance des compétences humaines.
Elle pourrait au contraire les rendre encore plus déterminantes.
Créativité.
Curiosité.
Empathie.
Coopération.
Communication.
Capacité à comprendre un contexte.
Esprit critique.
Prise de décision.
Ces compétences sont difficiles à réduire à une procédure.
Elles permettent de donner du sens aux outils et de les inscrire dans une situation réelle.
Un professionnel compétent demain ne sera donc probablement pas celui qui connaît tous les outils.
Ce sera celui qui sait les choisir, les combiner et les utiliser avec discernement pour répondre à un besoin.
Former à la coopération
Les transformations professionnelles ont également une autre conséquence : les métiers deviennent de plus en plus interdépendants.
Un projet numérique peut mobiliser simultanément des développeurs, des designers, des pédagogues, des experts métier, des communicants, des spécialistes des données et des utilisateurs.
Chacun possède une expertise.
Mais la réussite du projet dépend de leur capacité à travailler ensemble.
Former aux métiers qui évoluent suppose donc aussi d’apprendre à :
écouter d’autres expertises ;
expliquer son propre métier ;
comprendre les contraintes des autres ;
confronter les points de vue ;
construire une réponse commune.
La coopération devient elle-même une compétence professionnelle.
Elle fait naturellement le lien avec une autre valeur portée par AC Novation Citoyenne : coopérer pour transformer.
Former à l’incertitude plutôt qu’à la certitude
La formation traditionnelle cherche naturellement à transmettre des réponses.
Mais les professionnels de demain seront régulièrement confrontés à des situations pour lesquelles aucune réponse préétablie n’existera.
Une nouvelle technologie.
Un nouvel usage.
Une nouvelle réglementation.
Une nouvelle attente sociale.
Une nouvelle manière de travailler.
Il faut donc aussi apprendre à évoluer dans des environnements où tout n’est pas connu à l’avance.
Cela signifie développer une capacité à :
observer → comprendre → expérimenter → apprendre → ajuster.
Cette logique rejoint directement notre conception de l’innovation.
Face à l’incertitude, il ne s’agit pas de tout prévoir.
Il s’agit de savoir apprendre suffisamment vite pour adapter sa réponse.
Transmettre l’expérience autant que les connaissances
Les professionnels expérimentés disposent d’une ressource particulièrement précieuse : leur expérience.
Ils connaissent les difficultés du terrain.
Les erreurs fréquentes.
Les méthodes qui fonctionnent.
Les situations particulières.
Les compromis nécessaires entre la théorie et la réalité.
Permettre à cette expérience de circuler constitue un enjeu majeur de transmission.
C’est pourquoi les échanges entre professionnels, apprenants, experts et générations différentes sont particulièrement importants.
Une formation connectée au terrain permet de transmettre non seulement ce qu’il faut savoir, mais aussi ce que l’expérience nous a appris.
Cette transmission contribue à rapprocher apprentissage et réalité professionnelle.
Ne laisser personne au bord des transformations
Former aux métiers qui évoluent est également un enjeu d’inclusion.
Toutes les personnes ne disposent pas du même accès aux technologies, aux formations ou aux opportunités professionnelles.
L’accélération des transformations peut donc créer de nouvelles fractures.
Entre ceux qui maîtrisent les nouveaux outils et ceux qui les découvrent.
Entre ceux qui peuvent se former régulièrement et ceux qui en ont moins l’occasion.
Entre les organisations disposant de moyens importants et celles qui doivent composer avec davantage de contraintes.
Préparer demain suppose donc de rendre la montée en compétences accessible au plus grand nombre.
L’innovation ne peut être réellement positive si elle crée une société dans laquelle certains avancent pendant que d’autres sont progressivement exclus des transformations.
La transmission au cœur de notre écosystème
Chez AC Novation Citoyenne, transmettre constitue l’une de nos valeurs fondamentales.
Parce qu’une innovation n’a pas vocation à rester enfermée dans un laboratoire, un projet ou une organisation.
Les connaissances doivent circuler.
Les expériences doivent pouvoir être partagées.
Les compétences doivent être transmises.
Cette conviction se retrouve naturellement dans notre écosystème, notamment à travers Lian Studio, où les projets permettent d’expérimenter de nouvelles formes de création et d’apprentissage, et l’Institut des Arts Numériques, consacré à la transmission de compétences liées aux métiers du numérique créatif.
Cette complémentarité permet de créer une continuité :
imaginer → expérimenter → apprendre → transmettre.
L’expérience nourrit la formation.
Et la formation prépare celles et ceux qui imagineront les prochaines innovations.
Préparer demain, ce n’est pas prédire demain
Nous ne savons pas précisément quels métiers existeront dans dix ou vingt ans.
Et chercher à établir une liste définitive serait probablement illusoire.
Mais nous pouvons préparer les personnes à évoluer dans ce futur.
En développant leur curiosité.
Leur capacité d’apprentissage.
Leur créativité.
Leur esprit critique.
Leur capacité à coopérer.
Leur maîtrise des technologies.
Et surtout leur capacité à donner du sens à ces technologies.
C’est peut-être là que se situe la véritable responsabilité de la formation.
Ne pas prétendre connaître exactement le monde de demain, mais donner à chacun les moyens d’y trouver sa place et d’en devenir acteur.
Conclusion
Former aux métiers qui évoluent sans cesse ne signifie pas courir derrière chaque nouvelle technologie.
Cela signifie construire des compétences suffisamment solides pour accompagner le changement.
Des compétences techniques, évidemment.
Mais aussi des capacités humaines, créatives, critiques et collaboratives.
Chez AC Novation Citoyenne, nous croyons que transmettre, c’est préparer chacun non seulement à exercer un métier, mais aussi à continuer à apprendre, à expérimenter et à évoluer tout au long de son parcours.
Parce que les outils changeront.
Les métiers se transformeront.
De nouvelles compétences apparaîtront.
Mais une capacité restera essentielle :
celle d’apprendre aujourd’hui pour pouvoir encore agir demain.
À retenir
Former aux métiers de demain ne consiste pas à prédire précisément ce qu’ils seront. C’est donner à chacun la capacité d’apprendre, de s’adapter, de coopérer et de rester acteur de transformations qui ne font que commencer.
Collection éditoriale « Les Valeurs en Action » — Transmettre pour préparer demain AC Novation Citoyenne — Innover • Coopérer • Transmettre • Inclure • Agir pour l’intérêt général




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