INNOVER POUR L’INTÉRÊT GÉNÉRAL SAFE ROADS, de l’idée au terrain
- il y a 3 jours
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Épisode 01 — Pourquoi avons-nous décidé d’agir sur la prévention routière ?
Par AC Novation Citoyenne
Et si l’innovation citoyenne commençait simplement par regarder autrement un problème que nous connaissons depuis longtemps ?
La prévention routière fait partie de ces enjeux dont nous connaissons tous l’importance.
Depuis des décennies, nous informons, sensibilisons, formons et réglementons pour réduire les risques sur la route.
Pourtant, les usages évoluent.
Les mobilités se diversifient.
Les technologies transforment notre environnement.
Et les jeunes construisent leur autonomie dans un paysage de mobilité beaucoup plus complexe qu’auparavant.
Face à ces transformations, notre première question n’a donc pas été :
« Quel nouvel outil pourrions-nous créer ? »
Elle a été beaucoup plus simple :
Comment renouveler les approches de sensibilisation pour permettre aux jeunes non seulement de connaître les règles, mais aussi de comprendre les risques et d’adopter durablement les bons réflexes ?
C’est cette question qui constitue le point de départ de SAFE ROADS.
Partir d’un enjeu, pas d’une solution
Lorsqu’on parle d’innovation, il existe une tentation naturelle : commencer par la solution.
Une application.
Une technologie immersive.
De l’intelligence artificielle.
Un serious game.
Un nouveau dispositif numérique.
Chez AC Novation Citoyenne, nous essayons de suivre le chemin inverse.
Nous commençons par le problème.
Que se passe-t-il réellement ?
Quels usages évoluent ?
Quels publics sont concernés ?
Quelles difficultés rencontrent-ils ?
Quelles réponses existent déjà ?
Et surtout : où pouvons-nous apporter une valeur supplémentaire ?
Cette démarche est fondamentale.
Car une innovation d’intérêt général n’a pas vocation à être nouvelle pour être nouvelle.
Elle doit avant tout être utile.
Les mobilités des jeunes se transforment
La mobilité constitue une étape importante dans la construction de l’autonomie.
Marcher seul.
Prendre les transports collectifs.
Se déplacer à vélo.
Utiliser une trottinette.
Découvrir les deux-roues motorisés.
Puis vivre ses premières expériences de conduite.
Au fil de ces étapes, les jeunes rencontrent des environnements, des situations et des niveaux de risque différents.
Ils doivent apprendre des règles.
Mais ils doivent également développer quelque chose de plus difficile à transmettre :
la capacité à comprendre une situation et à prendre une décision adaptée.
Car connaître une règle ne signifie pas nécessairement savoir comment réagir lorsqu’une situation devient complexe.
C’est précisément cet écart entre connaître et agir qui nous a intéressés.
Connaître les règles est indispensable. Comprendre les risques l’est tout autant.
La prévention repose naturellement sur la transmission de connaissances.
Mais un comportement ne se transforme pas uniquement parce qu’une information a été comprise.
Nous pouvons connaître une règle et malgré tout sous-estimer un danger.
Nous pouvons identifier un risque en théorie et réagir différemment lorsqu’il apparaît dans une situation concrète.
Nous pouvons savoir ce qu’il faudrait faire et prendre malgré tout une autre décision sous l’effet de l’environnement, du groupe, de l’habitude ou de l’émotion.
Cette réalité nous a conduits à nous interroger sur la manière dont la pédagogie pouvait compléter les approches existantes.
Et si l’on permettait davantage aux jeunes d’expérimenter des situations plutôt que de seulement les décrire ?
Faire vivre une situation pour mieux la comprendre
C’est à partir de cette réflexion qu’est progressivement apparue l’idée d’utiliser les mécanismes de l’expérience interactive.
Non pas pour transformer la prévention routière en divertissement.
Mais pour créer un espace pédagogique dans lequel il devient possible d’observer, décider, se tromper, comprendre et recommencer.
Dans la vie réelle, certaines erreurs peuvent avoir des conséquences graves.
Dans un environnement pédagogique simulé, elles peuvent devenir des occasions d’apprentissage.
L’apprenant peut être confronté à une situation.
Faire un choix.
Observer ses conséquences.
Comprendre pourquoi une autre décision aurait pu être préférable.
Puis essayer à nouveau.
Cette boucle :
Situation → Décision → Conséquence → Compréhension → Nouvelle décision
constitue un puissant mécanisme d’apprentissage.
C’est ici que le numérique et le serious game ont commencé à prendre leur place dans notre réflexion.
Après le besoin. Pas avant.
C’est de cette réflexion qu’est né SAFE ROADS
SAFE ROADS est donc d’abord le résultat d’une question pédagogique.
Comment permettre aux jeunes de devenir davantage acteurs de leur apprentissage en matière de prévention routière ?
Le serious game est apparu comme l’un des moyens possibles pour explorer cette question.
Mais cela ne signifie pas que la réponse est définitivement acquise.
Car entre une idée pertinente, un dispositif bien conçu et une solution capable de produire un impact réel, il existe une étape essentielle :
le terrain.
Une innovation n’est encore qu’une hypothèse tant qu’elle n’a pas rencontré ses utilisateurs
C’est probablement l’un des principes les plus importants de notre démarche.
Nous pouvons concevoir.
Développer.
Prototyper.
Imaginer des usages.
Mais nous ne pouvons pas décider seuls qu’une innovation fonctionne.
Ce sont les usages qui doivent nous l’apprendre.
SAFE ROADS doit donc être confronté aux personnes auxquelles il est destiné et aux professionnels qui accompagnent son utilisation.
Comment les jeunes s’approprient-ils l’expérience ?
Comprennent-ils les situations proposées ?
Quels choix réalisent-ils ?
Qu’est-ce qui retient leur attention ?
Qu’est-ce qui suscite la réflexion ?
Quelles difficultés apparaissent ?
Comment les professionnels perçoivent-ils le dispositif ?
Que faut-il conserver, modifier ou améliorer ?
Ces questions sont aussi importantes que la conception du dispositif lui-même.
Expérimenter avant d’affirmer
Cette posture implique d’accepter une chose fondamentale :
nous ne connaissons pas encore toutes les réponses.
Et c’est précisément la raison pour laquelle nous expérimentons.
L’expérimentation n’a pas pour objectif de démontrer à tout prix que l’idée initiale était bonne.
Elle doit permettre de déterminer ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins bien et ce que le terrain nous oblige à repenser.
Observer.
Écouter.
Mesurer.
Comparer.
Comprendre.
Améliorer.
Cette démarche transforme progressivement une intuition en connaissance.
Un projet qui dépasse la technologie
SAFE ROADS mobilise des compétences numériques, pédagogiques, créatives et techniques.
Mais réduire le projet à sa dimension technologique serait passer à côté de l’essentiel.
La véritable question demeure :
Pouvons-nous créer une expérience qui contribue à mieux comprendre les risques et à renforcer durablement les apprentissages liés à la prévention routière ?
La technologie est un moyen d’explorer cette hypothèse.
Elle n’est pas la finalité du projet.
Cette distinction est au cœur de notre conception de l’innovation citoyenne.
Innover pour l’intérêt général
Pourquoi AC Novation Citoyenne a-t-elle décidé de s’engager sur ce sujet ?
Parce que nous pensons que l’innovation peut contribuer à renouveler certaines réponses apportées aux enjeux collectifs.
Pas en remplaçant systématiquement ce qui existe.
Pas en considérant la technologie comme une solution universelle.
Mais en identifiant les endroits où de nouvelles approches peuvent compléter, enrichir ou améliorer les dispositifs existants.
La prévention routière constitue un premier terrain particulièrement concret pour mettre cette philosophie à l’épreuve.
Et SAFE ROADS devient ainsi plus qu’un projet.
Il devient pour nous un cas d’expérimentation de notre manière d’innover pour l’intérêt général.
De l’idée au terrain : une démarche que nous voulons partager
C’est précisément la raison d’être de cette nouvelle collection éditoriale.
Au cours des prochains épisodes, nous ne vous présenterons pas uniquement SAFE ROADS.
Nous ouvrirons progressivement les coulisses de la démarche.
Nous parlerons des besoins et des usages.
De coopération.
De complémentarité des expertises.
D’expérimentation.
D’évaluation.
Des enseignements du terrain.
Et, lorsque les résultats nous permettront de le faire, de la question du changement d’échelle.
Avec une volonté :
partager autant le chemin que la destination.
Parce que l’innovation d’intérêt général ne devrait pas uniquement produire des solutions.
Elle devrait également produire des enseignements pouvant nourrir d’autres projets.
Conclusion
SAFE ROADS n’est pas né de la volonté de créer un serious game.
Il est né d’une question :
Comment renouveler les approches de sensibilisation pour aider les jeunes à mieux comprendre les risques et à adopter durablement les bons réflexes ?
Le serious game constitue la réponse que nous avons choisi d’explorer.
L’expérimentation devra maintenant nous apprendre ce que cette réponse vaut réellement sur le terrain.
C’est cette démarche que nous allons documenter.
Sans chercher à présenter une réussite avant de l’avoir évaluée.
Mais avec la conviction qu’innover pour l’intérêt général suppose d’accepter de questionner, concevoir, expérimenter, mesurer et apprendre.
À retenir
Une innovation d’intérêt général ne commence pas par une solution à promouvoir. Elle commence par un problème à comprendre et une question à explorer.
INNOVER POUR L’INTÉRÊT GÉNÉRALDes enjeux de société aux solutions expérimentées sur le terrain.
CAS #01 — SAFE ROADS, de l’idée au terrain
Prochain épisode — #02




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