LE TERRAIN — L’assistant virtuel à l’épreuve des usages
SAFEROADS — Les premières expérimentations
Pendant des mois, nous avons imaginé, conçu, développé, testé et préparé SAFEROADS.
Nous avons construit des scénarios.Pensé des situations de mobilité.Travaillé les interactions.Préparé l’accompagnement des enseignants.Défini ce que nous souhaitions observer.
Aujourd’hui, une nouvelle étape commence.
SAFE ROADS rencontre ses premiers utilisateurs en conditions réelles.
Et parmi les éléments que nous souhaitons particulièrement observer se trouve un personnage un peu particulier : l’assistant virtuel SAFEROADS.
Présent tout au long de l’expérience, il a été imaginé pour accompagner les jeunes dans leur parcours.
Mais entre ce que nous avons conçu et la manière dont les élèves vont réellement interagir avec lui, il reste une inconnue essentielle :
le terrain.
Un assistant virtuel… pour quoi faire ?
Dans SAFE ROADS, l’assistant virtuel n’est pas simplement un personnage destiné à rendre l’interface plus sympathique.
Il remplit une fonction dans l’expérience pédagogique.
Son rôle est d’accompagner le jeune sans décider à sa place.
Il peut introduire une situation.
Attirer l’attention sur certains éléments.
Formuler une question.
Accompagner une étape du parcours.
Inviter à observer avant d’agir.
Aider à comprendre les conséquences d’une décision.
Ou encore encourager l’élève à poursuivre sa réflexion.
La différence est importante.
L’objectif n’est pas de créer un assistant qui donne systématiquement la bonne réponse.
Nous voulons au contraire favoriser une démarche :
OBSERVER → ANTICIPER → DÉCIDER → EXPÉRIMENTER → COMPRENDRE
L’assistant devient ainsi un compagnon de parcours, davantage qu'un correcteur.
Ne pas décider à la place de l’élève
Prenons une situation simple.
Un jeune évolue dans un environnement urbain. Plusieurs usagers partagent l’espace : piétons, vélos, trottinettes, voitures ou transports collectifs.
Une situation inattendue apparaît.
Que doit faire l’assistant ?
Lui indiquer immédiatement la conduite à adopter ?
Ce serait efficace pour transmettre une consigne.
Mais beaucoup moins intéressant pour développer sa capacité à observer une situation et construire son propre raisonnement.
L’assistant peut plutôt l'amener à se questionner :
Qu’as-tu observé ?
Quel élément pourrait présenter un risque ?
Quelles sont les différentes possibilités ?
Que pourrait-il se passer si tu faisais ce choix ?
Le jeune reste alors acteur de la décision.
Et cette nuance est au cœur de l’expérience SAFEROADS.
Faire de l’erreur une occasion de comprendre
Dans la vie réelle, certaines erreurs peuvent avoir des conséquences importantes.
Dans une expérience pédagogique simulée, elles peuvent devenir une matière pour apprendre.
Un élève prend une décision.
Le scénario évolue.
Il en découvre les conséquences.
L’assistant peut alors l’aider à revenir sur ce qui vient de se produire.
Non pas simplement avec :
« Mauvaise réponse. »
Mais avec une autre question :
« Qu’aurais-tu pu observer avant de prendre cette décision ? »
Le feedback change alors de nature.
Il ne sert plus seulement à indiquer si une réponse est correcte ou incorrecte.
Il aide à comprendre pourquoi.
C’est précisément l’un des intérêts du serious game : permettre d’expérimenter, de recommencer et de réfléchir aux conséquences de ses choix dans un environnement sécurisé.
Le terrain va maintenant nous donner les vraies réponses
Tout cela correspond à nos intentions de conception.
Mais une intention n’est pas encore un usage.
Et c’est précisément pour cette raison que commencent les expérimentations.
Nous allons pouvoir observer des questions très concrètes.
Les élèves identifient-ils spontanément l’assistant ?
Comprennent-ils son rôle ?
Écoutent-ils ses indications ?
Ses interventions arrivent-elles au bon moment ?
Sont-elles suffisamment courtes et compréhensibles ?
Les questions proposées provoquent-elles réellement une réflexion ?
L’assistant aide-t-il lorsque l’élève hésite ?
Intervient-il parfois trop tôt ?
Ou au contraire trop tard ?
Et surtout :
permet-il à l’élève d’avancer tout en lui laissant suffisamment d’espace pour réfléchir et décider ?
Ces questions sont difficiles à résoudre uniquement derrière un écran de conception.
Il faut voir l’expérience en situation réelle.
👀 Observer ce que les jeunes font, pas seulement ce qu’ils disent
Les questionnaires et les échanges après une séance seront précieux.
Mais l’observation le sera tout autant.
Un élève peut nous dire qu’une consigne était claire alors qu’il a hésité plusieurs secondes avant de comprendre ce qu’il devait faire.
Un autre peut ne rien signaler alors qu’il a ignoré une intervention de l’assistant.
À l’inverse, une réaction spontanée peut révéler qu’une interaction fonctionne particulièrement bien.
Nous allons donc regarder les petits signaux.
Une hésitation.
Un regard.
Un clic inattendu.
Une demande d’aide.
Une réaction face à une conséquence.
Une discussion avec un camarade.
Une sollicitation de l’enseignant.
L’usage réel raconte parfois autre chose que ce que nous avions imaginé.
Et c’est justement ce que nous voulons découvrir.
👨🏫 Un assistant qui ne remplace pas l’enseignant
C’est également un point essentiel de cette expérimentation.
SAFEROADS est un dispositif numérique, mais son ambition n’est pas d’isoler l’élève dans une relation avec une machine.
L’assistant accompagne l’expérience numérique.
L’enseignant accompagne l’apprentissage dans toute sa richesse.
Il peut reprendre une situation vécue dans le serious game.
Demander aux élèves d’expliquer leurs décisions.
Faire émerger différents points de vue.
Relier une situation simulée à leur quotidien.
Contextualiser une règle.
Faire débattre la classe.
Approfondir une notion.
L’assistant et l’enseignant n’occupent donc pas la même place.
Et le terrain doit aussi nous permettre d’observer comment ces deux niveaux d’accompagnement s’articulent réellement.
Quand le numérique provoque une discussion bien réelle
Il existe d’ailleurs un indicateur auquel nous serons particulièrement attentifs.
Que se passe-t-il autour de l’écran ?
Un serious game pédagogique devient particulièrement intéressant lorsqu’une situation numérique provoque une réaction réelle :
« Moi, je n’aurais pas fait ça. »
« Tu n’as pas vu le vélo ? »
« Mais si la voiture tourne, qu’est-ce qu’on fait ? »
« Dans ma rue, il y a exactement la même situation. »
À cet instant, le dispositif ne sert plus uniquement à faire progresser un joueur.
Il devient un déclencheur de discussion et de réflexion collective.
L’assistant virtuel peut contribuer à provoquer ces moments.
L’enseignant peut ensuite leur donner une autre profondeur.
De l’assistant que nous avons imaginé à celui dont les utilisateurs ont réellement besoin
C’est probablement l’un des enjeux les plus intéressants de ces premières expérimentations.
Nous arrivons avec un assistant que nous avons conçu à partir d’objectifs pédagogiques, de scénarios et d’hypothèses d’usage.
Le terrain va peut-être confirmer certains choix.
Mais il peut également nous apprendre que certaines interventions doivent être raccourcies.
Qu’une formulation doit être simplifiée.
Qu’un feedback arrive trop rapidement.
Qu’une question mérite davantage de temps.
Qu’une aide doit apparaître différemment.
Ou qu’une interaction que nous pensions secondaire se révèle particulièrement utile.
Et c’est exactement le rôle de l’expérimentation.
CONCEVOIR → EXPÉRIMENTER → OBSERVER → ÉCOUTER → AJUSTER
L’assistant virtuel que nous avons imaginé n’est donc pas nécessairement celui qui restera demain.
Il doit lui aussi apprendre du terrain.
🚦 Les premières expérimentations : un nouveau chapitre pour SAFEROADS
Jusqu’ici, nous vous avons beaucoup parlé de ce que nous voulions construire.
Cette nouvelle étape va progressivement changer notre manière de raconter SAFEROADS.
Nous allons désormais pouvoir vous parler de ce qui se passe réellement.
Les premières prises en main.
Les réactions.
Les hésitations.
Les échanges avec les enseignants.
Les comportements que nous n’avions pas anticipés.
Les éléments qui fonctionnent.
Ceux que nous devrons améliorer.
Et les enseignements que nous tirerons de ces premières rencontres.
C’est une étape importante pour SAFEROADS.
Parce qu’un dispositif pédagogique ne devient pas pertinent uniquement parce qu’il a été bien pensé.
Il le devient aussi parce qu’il accepte d’évoluer au contact de celles et ceux auxquels il est destiné.
Du virtuel au réel
L’assistant SAFEROADS appartient à l’univers numérique du dispositif.
Mais sa véritable utilité se mesurera dans quelque chose de très concret :
ce qu’il permet au jeune d’observer, de questionner, de comprendre et, demain, de mobiliser dans une situation réelle.
C’est maintenant au terrain de nous montrer comment y parvenir encore mieux.
Et peut-être est-ce finalement la meilleure manière de définir cette nouvelle phase de SAFE ROADS :
Nous ne mettons pas seulement notre assistant virtuel à l’épreuve du terrain.Nous lui donnons l’occasion d’apprendre de ses utilisateurs.
🚦 SAFEROADS — LE TERRAIN
Les premières expérimentations commencent.
Observer. Écouter. Comprendre. Améliorer.
Et dans les prochains épisodes, nous partagerons avec vous ce que les élèves et les enseignants vont maintenant nous apprendre de SAFE
ROADS.




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