Serious Game ou e-learning : comment choisir le bon format ?

Solutions & Transformations — Former, transmettre et faire évoluer les compétences
Digitaliser une formation commence souvent par une question :
Quel format allons-nous produire ?
Un module e-learning ?Un Serious Game ?Une simulation ?Un parcours hybride ?
Pour une collectivité ou un acteur public, cette question est particulièrement importante.
Les besoins de formation peuvent concerner des réalités très différentes : accompagner une évolution réglementaire, transmettre une procédure, développer des compétences managériales, préparer les agents à une situation sensible, améliorer la relation avec les usagers, sensibiliser à la cybersécurité ou encore accompagner une transformation des pratiques.
Dans ces situations, le meilleur format n’est pas nécessairement le plus innovant ou le plus spectaculaire.
C’est celui qui permet d’atteindre l’objectif pédagogique avec le niveau d’interaction, de contextualisation et de mise en pratique réellement nécessaire.
Chez Lian Studio, nous préférons donc commencer par une autre question :
Qu’est-ce que les participants devront être capables de comprendre, décider ou faire différemment à l’issue de l’expérience ?
C’est à partir de cette réponse que le format commence à se dessiner.
E-learning et Serious Game : deux formats, deux logiques pédagogiques
Les deux peuvent être numériques, interactifs et accessibles à distance.
Mais ils ne répondent pas exactement aux mêmes besoins.
Le e-learning : structurer, transmettre et consolider
Un module e-learning est particulièrement pertinent lorsqu’il s’agit de transmettre des connaissances ou des repères structurés.
Il permet notamment de présenter une réglementation, expliquer une procédure, partager un référentiel commun, accompagner la prise en main d'un nouvel outil, proposer des ressources ou vérifier l’acquisition de connaissances.
Pour une collectivité, son intérêt est également organisationnel : diffuser une formation homogène auprès d’agents qui peuvent être nombreux, exercer des métiers différents ou être répartis sur plusieurs sites.
Le participant avance dans un parcours composé, selon les besoins, de contenus, vidéos, animations, interactions, exercices ou quiz.
Mais lorsque l’objectif n’est plus seulement de savoir, mais de savoir agir face à une situation, cette logique peut atteindre ses limites.
Le Serious Game : apprendre en décidant
Le Serious Game introduit une autre dynamique.
Le participant n’est plus seulement confronté à des informations.
Il est placé dans une situation dans laquelle il doit agir.
Il observe.
Il analyse.
Il fait un choix.
Il découvre les conséquences de sa décision.
Il reçoit un feedback.
Il peut recommencer ou explorer une autre stratégie.
Le numérique devient alors un espace d’expérimentation.
Pour les acteurs publics, cette approche peut être particulièrement intéressante lorsque les situations professionnelles comportent plusieurs paramètres, plusieurs interlocuteurs ou plusieurs décisions possibles.
Prenons l’exemple d’un agent confronté à une situation complexe avec un usager.
Lire les principes d'une bonne posture professionnelle apporte des repères.
Mais être placé dans une situation simulée, devoir choisir comment répondre puis observer les conséquences de cette décision permet de travailler autre chose :
la capacité à mobiliser ces repères au bon moment.
La vraie question : que voulons-nous faire apprendre ?
Avant de choisir un format, il faut donc revenir à l’objectif.
Si l’objectif est :
« connaître une procédure », un module e-learning peut être parfaitement adapté.
Mais si l’objectif devient :
« savoir appliquer cette procédure dans une situation comportant plusieurs variables », une mise en situation ou une simulation peut devenir plus pertinente.
Même différence entre :
connaître les principes de la relation usager
et
savoir réagir face à un usager mécontent.
Entre :
connaître les règles de cybersécurité
et
identifier un comportement suspect dans une situation réaliste.
Entre :
connaître les principes du management
et
conduire une conversation difficile avec un collaborateur.
Le format pédagogique doit donc être choisi en fonction de l’activité que nous souhaitons provoquer chez l’apprenant.
5 questions pour choisir entre e-learning et Serious Game
1. Faut-il transmettre une information ou entraîner une compétence ?
C’est probablement la première distinction à effectuer.
Lorsqu’il s’agit essentiellement d’expliquer, de structurer ou de mémoriser des connaissances, le e-learning constitue souvent une réponse efficace.
Lorsqu’il faut apprendre à observer, arbitrer, décider ou réagir, la simulation et le Serious Game prennent davantage de sens.
2. Existe-t-il plusieurs décisions possibles ?
Certaines situations professionnelles ne possèdent pas une réponse unique immédiatement identifiable.
Elles nécessitent de prendre en compte le contexte.
Un manager, un agent d’accueil, un professionnel de terrain ou un encadrant peut devoir arbitrer entre plusieurs possibilités.
Dans ce cas, proposer différents chemins et montrer leurs conséquences permet de travailler la compréhension de la situation, et pas uniquement la mémorisation d'une règle.
3. L’erreur peut-elle devenir un outil d’apprentissage ?
Dans la réalité professionnelle, certaines erreurs peuvent avoir des conséquences importantes.
Une simulation permet au contraire de créer un espace sécurisé pour expérimenter.
Le participant peut prendre une décision, constater ses effets, comprendre ce qui aurait pu être fait autrement et recommencer.
L’erreur cesse alors d’être uniquement sanctionnée.
Elle devient une information pour apprendre.
4. Le contexte influence-t-il fortement la bonne décision ?
Plus une compétence dépend du contexte, plus la mise en situation devient intéressante.
Relation avec les usagers, prévention, sécurité, management, gestion de crise, accompagnement du changement…
Dans ces domaines, connaître les principes est nécessaire.
Mais il faut également savoir les mobiliser face à une situation concrète, parfois incertaine ou évolutive.
Le Serious Game permet précisément de travailler cette contextualisation.
5. Quelles sont les conditions réelles de déploiement ?
Le choix pédagogique doit aussi rencontrer la réalité de l’organisation.
Combien d’agents doivent être formés ?
Sur combien de sites ?
De combien de temps disposent-ils ?
Quels équipements sont disponibles ?
Le parcours doit-il pouvoir être suivi en autonomie ?
Une animation par un formateur est-elle possible ?
Faut-il conserver des traces de progression ?
Le dispositif devra-t-il évoluer régulièrement ?
Une solution pédagogiquement séduisante mais difficile à déployer risque de ne pas atteindre son objectif.
Pour les collectivités, la conception doit donc intégrer les contraintes d’usage dès le départ.
Il n’est pas toujours nécessaire de choisir
Opposer e-learning et Serious Game peut d'ailleurs conduire à poser le problème de manière trop binaire.
Un parcours peut combiner plusieurs modalités.
Imaginez par exemple une formation destinée à des agents en contact avec le public.
Un premier module e-learning présente les principes, le cadre et les ressources.
Une simulation place ensuite l’agent face à plusieurs situations.
Il doit observer, choisir une réponse et découvrir les conséquences.
Un feedback explique les éléments déterminants.
Une ressource synthétique permet enfin de retrouver les repères essentiels sur le terrain.
Nous obtenons alors une logique beaucoup plus complète :
COMPRENDRE → EXPÉRIMENTER → RECEVOIR DU FEEDBACK → CONSOLIDER → TRANSFÉRER
Le sujet n’est donc plus :
« Quel format choisir ? »
mais :
« Quelle combinaison d’expériences permettra réellement de développer la compétence recherchée ? »
Pour les collectivités, partir des situations de travail
Cette approche change également la manière de concevoir la formation.
Plutôt que de commencer par transformer un document, une réglementation ou un PowerPoint en écrans numériques, nous pouvons commencer par observer les situations réellement rencontrées par les agents.
Que doivent-ils savoir ?
Que doivent-ils savoir faire ?
Quelles décisions prennent-ils ?
Quelles difficultés rencontrent-ils ?
Quelles erreurs sont fréquentes ?
Quelles situations mériteraient d’être expérimentées sans risque ?
Quels échanges avec les usagers, collègues ou partenaires sont particulièrement délicats ?
Ces questions permettent de construire une formation beaucoup plus proche du travail réel.
Et parfois, elles conduisent à un e-learning.
Parfois à un Serious Game.
Parfois à une simulation courte.
Parfois à un parcours hybride associant plusieurs formats.
Ne pas choisir la technologie avant l’usage
C’est un principe que nous défendons chez Lian Studio.
Un Serious Game n’est pas automatiquement plus engageant parce qu’il comporte une dimension ludique.
Un module e-learning n’est pas nécessairement passif parce qu’il est plus linéaire.
La qualité d’une expérience dépend avant tout de sa conception.
Le format doit servir l’apprentissage, et non l’inverse.
Avant de produire, nous cherchons donc à comprendre les publics, les situations professionnelles, les compétences attendues et les conditions réelles d’utilisation.
Puis nous pouvons déterminer le niveau d’interactivité nécessaire, concevoir les situations, prototyper et tester.
La technologie intervient alors comme un moyen au service d’un objectif, et non comme le point de départ du projet.
Former les agents pour leur permettre d’agir
Pour les collectivités et les acteurs publics, l’enjeu dépasse finalement la digitalisation de la formation.
Il s’agit de permettre aux agents de développer des compétences qu’ils pourront réellement mobiliser au service de leurs missions et des publics.
Le e-learning peut transmettre les repères.
Le Serious Game peut permettre de les mettre à l’épreuve.
La simulation peut entraîner à décider.
L’accompagnement humain peut permettre de prendre du recul, d’échanger et de contextualiser.
Et c’est souvent l’articulation intelligente de ces modalités qui permet de construire une expérience réellement utile.
Chez Lian Studio, nous préférons donc ne pas demander :
« Serious Game ou e-learning ? »
Nous commençons par demander :
« Quelle expérience devons-nous concevoir pour que les agents puissent mieux comprendre, mieux décider et mieux agir dans leurs situations professionnelles ? »
C’est seulement ensuite que nous choisissons le format.
Solutions & Transformations
Former, transmettre et faire évoluer les compétences
Serious Game ou e-learning : comment choisir le bon format ?
Comprendre les besoins → Identifier les compétences → Concevoir l’expérience → Choisir les bons formats → Expérimenter → Mesurer l’impact




Commentaires